Friday, 20 April 2012

Déclaration des ONGs de la RDCongo à la 51ème Session de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des peuples


51ème SESSION DE LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES
Banjul du 18 Avril au 02 Mai 2012
DECLARATION PUBLIQUE N°01/ONG/RDC/2012 RELATIVE A LA SITUATION   DES DROITS DE L’HOMME ET SECURITAIRE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Nous, organisations de la société civile de la République Démocratique du Congo, prenant part aux travaux de la 51ème session publique de la Commission Africaine des droits de l’Homme et des Peuples, exprimons  notre  inquiétude sur la situation des droits de l’Homme et le climat sécuritaire en République Démocratique du Congo depuis le dernier trimestre de l’année 2011, période pré, électorale et postélectorale ;
DENONCONS:
-       Les graves violations des droits de l’Homme enregistrées avant, pendant et après les élections présidentielles et législatives  du 28 novembre 2011 que le gouvernement minimise et attribue faussement aux partis politiques de l’opposition. A titre illustratif, pour la seule ville de KINSHASA,  du 26 novembre au 25 décembre 2011 il a été enregistré 265 cas d’arrestations arbitraires et détentions illégales des civils, 16 cas des personnes disparues, 61 personnes blessées par balles, 22 personnes tuées par balles sur un total provisoire de 33 personnes exécutées[1]
-       L’insécurité généralisée dans  certaines provinces de l’Est  et un activisme croissant des groupes armés qui s’affrontent les uns contre les autres sous l’œil indifférent des militaires des FARDC[2] et de la MONUSCO, provoquant ainsi des déplacement forcés des populations civiles,  des pillages et incendies des villages et autres effets collatéraux. Cette situation d’insécurité est à la base des graves violations des droits humains, entre autres des tueries, tortures, viols des femmes et filles des arrestations arbitraires et détentions illégales, des kidnapping, des pillages…
-       L’interdiction et la répression des manifestations publiques dont le cas le plus récent est l’interdiction et la répression brutale de la marche organisée par les chrétiens catholiques et autres croyants en date du 16 février 2012 pour exiger la vérité des urnes des élections législatives et présidentielles du 28 novembre 2012.
-       La pratique de plus en plus tolérée par les autorités des enlèvements et de soumission à des graves tortures des personnes soupçonnées d’opinion contraire au pouvoir en place ou qui ont osé exprimer une telle opinion.  Le jugement cavalier contre les membres de l’opposition à Goma et les arrestations arbitraires et détentions illégales  par  l’Agence Nationale (ANR) des Renseignements  des  personnes soupçonnées d’agir pour le compte de l’opposition à LUBUMBASHI.
-      L’impunité dont jouissent les hauts gradés de l’armé alors qu’ils sont cités dans différents rapports des Nations Unies comme  auteurs présumés  des crimes internationaux et pillage systématiques des ressources naturelles. Certains d’entre eux occupent des fonctions politiques ou militaires importantes au sein même de l’appareil de l’Etat. Le cas emblématique est celui de Monsieur Bosco NTAGANDA, chef des opérations militaires de  Thomas LUBANGA au sein de la branche armée de l’Union des Patriotes Congolais, à l’époque de la commission des crimes pour lesquels Thomas LUBANGA a été jugé et condamné par la Cour Pénale Internationale. Monsieur Bosco NTAGANDA fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI depuis 2006, mais les autorités congolaises refusent obstinément de l’arrêter et de le transférer à la CPI, prétextant des raisons d’ordre politique tout à fait éhontées. Aux dernières nouvelles, NTAGANDA a fait défection de l’armée congolaise au début de ce mois d’Avril et il serait en train de s’organiser avec des officiers et militaires qui obéissent à ses ordres pour  insécuriser les zones de l’Est qu’il avait déjà occupées dans le temps avec le Mouvement rebelle du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP).
-      L’interdiction par le ministère de la justice et Droits Humains  de la diffusion du film intitulé «  L’affaire CHEBEYA, un crime d’Etat » et le gèle du dossier en appel à la Haute Cour Militaire pour des motifs politiques ainsi que des menaces contre plusieurs autres militants des droits de l’Homme  dont   Justine MASIKA BIHAMBA de la Synergie des Femmes pour les Victimes de Violences Sexuelles  qui a été  contrainte à l’exile.
Tous ces cas dénotent d’une volonté délibérée d’imposer le silence au peuple pour la protection des intérêts inavoués et individuels de certaines autorités politiques et  entrainent des violations des droits fondamentaux des citoyens entre autres la privation de la liberté d’expression et l’interdiction des manifestations publiques, les arrestations arbitraires, enlèvements, tortures. Les cas ci-haut dénoncés constituent également une violation des lois de la République Démocratique du Congo et des engagements internationaux de la RDC y compris des dispositions pertinentes de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
Nous demandons à la commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples de se pencher sur la situation des droits de l’Homme au Congo et de faire une déclaration pour demander au gouvernement de la RD Congo de :
-      Rétablir la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national et particulièrement dans les provinces de l’Est du pays;
-      Poursuivre le processus électoral avec l’organisation des élections provinciales urbaines, communales, municipales et locales après réforme et restructuration en profondeur de la Commission Electorale Nationale Indépendante( CENI);
-      Arrêter et transférer immédiatement Mr BOSCO NTAGANDA à la CPI;
-      Lever l’interdiction de diffusion sur l’ensemble du territoire national congolais du Film  «  L’affaire CHEBEYA, un crime d’Etat ? »
-      D’arrêter et faire juger les auteurs présumés des graves violations des droits humains commises pendant la période pré, électorale et poste électorale.

Fait à Banjul le 18 Avril 2012
-      Centre de Recherche sur l’Environnement, la Démocratie et les Droits de l’Homme, CREDDHO en sigle  (creddho@yahoo.fr)
-      l’Action Contre l’Impunité pour les Droits Humains en sigle ACIDH, (info@acidhcd.org).
-      COPPRODDHO (communicateurs pour la promotion protection et défense des droits de l’homme (copproddho@gmail.com).
-      La Voix de Sans Voix pour les droits de l’Homme VSV. (vsv_ongdh@yahoo.fr)


[1] Rapport du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme de la MONUSCO
[2] Forces Armées de la République Démocratique du Congo

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